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L'oeil crie, blog d'auteur - Page 6

  • L'insurrection des mots (prose poétique à quatre mains)

    L'insurrection des mots est née d'un jeu d'écriture spontanée avec mon ami Dominique Castanet. Je vois ce texte comme une façon de s'amuser de cette idée étrange d'insurrection poétique au travers des mots qui eux-mêmes ont toutes les raisons et tout premièrement à se rebeller.
    L'insurrection des mots a été écrite pour et publiée par la revue Ce qui reste ici en mars 2015.

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  • - Monte. [Dialogues de l'oeil n°100]

    - Monte. Encore.
    - Tu vois le village, là-bas?
    - Monte.
    - C'est là où j'aurais aimé naitre.
    - Monte. Et tu verras.
    - Je verrai quoi?
    - Là-haut aussi, tu verras, tu aurais voulu y naitre.
    - C'est dangereux de naitre en haut d'un escalier. Y'a pas de rampe en plus. Et pis ça manque de coussin. Et de couverture. Avec ce vent. On va pas se couvrir des nuages. Sincèrement.
    - Monte.

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  • Ailes d'anges [Dialogues de l'oeil n°99]

    - C'est des ailes d'anges, je te dis...
    - Qui leur a coupé les ailes?
    - Des gens qui croyaient pas aux anges.
    - Et du coup, ils flânent ni-vus ni-connus dans la rue, maintenant, on ne sait même plus les distinguer, les anges??
    - Ben non. Ils peuvent faire les soldes tranquilles. Attendre la deuxième démarque si ça les chante.
    - Ils avaient bien raison, ceux qui croient pas aux anges.

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  • Où est Charlie ?

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  • Moi, je garde la tête, parce qu'elle est trop belle [Dialogue de l'oeil n°98]

    - Moi, je garde la tête, parce qu'elle est trop belle...
    Dieu sait pourquoi, quand tu déboites la tête d'une fausse Barbie, ça fait pas le bruit de bouchon d'une terrifiante piquette mais celui d'un bon Bordeaux.
    - Tiens, je te donne ça, et tu le gardes, hein...
    - Oh, ça, pour sûr, oui, je vais le garder.
    Non, il ne s'agit pas d'un poulet mi-rôti avec un phallus au bout. Ou alors cela donne une indication stupéfiante sur le processus de fabrication d'une fausse Barbie.

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  • La route [Dialogue de l'oeil n°97]

    - Je me disais: je vais construire un bout de route dans un coin perdu, qui commence et qui finit nulle part.
    - Et il ne restera plus qu'à parachuter une autostoppeuse. Pour bien faire.

    route, montagne, automne

  • On ne sait plus [Dialogue de l'oeil n°96]

    - On ne sait plus où marcher.
    - On ne sait plus où voler.
    - On ne sait plus où jouer aux boules, où bronzer.
    - On ne sait plus où rêver.
    - On n'est plus si sûrs que l'horizon soit horizontal.
    - On ne sait plus où l'on pourrait savoir.

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  • Un oeil en automne IV

    Automne, donc.
    Automne de pluie comme ce soir.
    Automne de suie comme cette nuit encore débutante.
    Il y a quelques jours, le grand virage des feuilles se préparait, pleines de vie, fluides et dorées autour des rudes pentes.
    La marche, la marche, la marche, toujours la marche de l’œil. Du nez, aussi. Des oreilles.
    Exister sans avoir besoin d'être.

    [Album]

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  • Simple marcheur

    Je me sens simple marcheur. Simple marcheur qui aura, dans quelques jours, le privilège précieux de poser encore quelques pas entre cols, combes et sommets. De prendre des photos. Je me sens lambda, je me sens papa, je me sens... là.

    Je me sens, pour le coup, français. Cela sonne étrangement. Comme entre un refuge et une zone d'exposition aux éléments, au bord d'un chemin de montagne. Quelque chose d'à la fois choisi et pas choisi, et de confortable malgré tout. Je me réjouis de ces murs qui ont le mérite d'être là, je ne fais pas la fine bouche, j'oublie un peu ce qu'ils cachent parfois de vides et d'ombres. Le refuge est glacial ce soir, il faut s'y tenir chaud, les yeux ouverts. Français, mais en tant qu'habitant humble et ouvert du monde.

    Que les photos de montagne demeurent devant les autres images, que ne se lézardent ni l'envie de vivre ensemble, ni l'aspiration démocratique, ni la compassion, ni la détermination.

    Terribles équilibres des altitudes comme des plaines urbaines.

    Photo: Hervé Gourdel

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  • - Y'a l'retour du poil... [Dialogue de l'oeil n°95]

    - Y'a l'retour du poil...
    - Et celui d'la guerre...
    - Y'a l'retour des blondes!
    - Et le départ des ours blancs.
    - Les frites sont plus ternes en revanche.
    - Y'a l'retour des huiles...
    - Y'a plus d'yoyo.
    - Y'a vraiment plus d'saison.
    - Elles font le yoyo, comme en hommage.
    - Ou alors y'a une saison qu'y avait pas.
    - L'étiver. Le prété. L'hiaumne. L'hybride abattue.

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