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Le Grain, nouvelle à paraître au Visage Vert

« Le Grain » est une affaire étrange d'enlèvement et de feu, de vol de folie et de liberté. Olivia HB a eu la gentillesse - en plus du talent - de bien vouloir se lancer dans l’aventure d'illustrer cette nouvelle qui sera publiée dans le prochain numéro de la revue Le Visage Vert grâce à Mikaël Lugan et Xavier Legrand-Ferronnière.

Olivia m'a proposé une dizaine de visuels pour l'illustrer. Ses recherches ici publiées pour leur et lui faire honneur... Sachant que pour admirer les deux visuels retenus il faudra ouvrir le numéro 32 de la revue !

Espérer, mourir, aimer...

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Un “peuple des roulottes” arrive dans une ville. Un grain de beauté sur leur front, en témoignage selon leurs dires d’une ascendance qui questionne: les licornes. Sous le chapiteau installé par le peuple des roulottes, de spectacles en spectacles, les hommes de la ville se pressent pour voir danser Rhonda.

 

Je n'ai connu de toute ma vie qu'une Rhonda.. Celle des Beach Boys! Chanson on ne peut plus éloignée de l’ambiance du texte... mais j’avais envie que l'on entende de façon suggestive ce refrain que j'adore... “Help me Rhonda, he-help me Rhonda...”... chœur implorant face à la personnalité sauvage et libre de “ma” Rhonda.

 

 

Je ne connais également qu'une Olivia HB, grâce à la revue "Dissonances", puis pour sa propre revue “Les Impromptus”. Et surtout pour son univers visuel de noir et blanc, sensuel, brumeux et lumineux. Illustrer Rhonda ? Olivia s’est enthousiasmée et lancée, avec le grain et la beauté !


Ici avec son accord un florilège des projets (forcément injustement) non retenus... et c’est en même temps dans ces douloureux choix que sont nées les illustrations retenues. Pour les découvrir... c’est dans la revue... Plus d’infos dès publication en ce printemps étrange !

 

trois petits points.jpg

 

 

« La roulotte se dégage enfin de l’épais brouillard qui l’a accompagnée tout le jour. Pour tout accueil dans les premiers efforts du crépuscule, la ville dresse ses sombres maisons. Un enchevêtrement d’arêtes de toits, de fissures béantes sur des murs pustuleux, de gouttières cabossées, de portes et fenêtres closes.

L’homme se redresse avec difficulté sur la banquette avant. Enfin, la voilà, cette ville. Obscure, triste, refermée. Tant à y faire. Il se racle la gorge. Son chapeau oblong rabattu et son vaste imperméable coincent sur son visage un léger sourire de compassion pour son cheval. Secoué d’une ultime énergie, l’animal engage la roulotte dans une rue déserte qui rétrécit rapidement. Elle se contorsionne en détours étranglés où les pavés claquent comme des noix qu’on écrase. Suivent des dizaines de roulottes, et après leur passage, la ville semble totalement éteinte.

Le lendemain matin, alors que le soleil est déjà haut dans le ciel, des jeunes gens sortent des roulottes et se ruent sur les murs ternes et muets de la ville. En un clin d’œil, une marée irrépressible d’affiches colorées submerge faubourgs et places centrales. Les habitants sont pétrifiés, à tel point qu’une fois les colleurs d’affiches disparus, il se trouve juste quelques passants pour y jeter un œil renfrogné. Ils détaillent, incrédules, le dessin d’une licorne bondissant dans des flammes vives ; une silhouette surimposée de femme et, en dessous, trois mots : espérer, mourir, aimer. »

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