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20.08.2015

Passion d'hiver (nouvelle) à paraître dans Moebius

Un hier, un hiver dur, intemporel. Sur un plateau enneigé, une femme et un homme se croisent.

Ma nouvelle Passion d'hiver paraîtra en cette fin d'année 2015 dans la revue québecoise Moebius.

Marrant: j'avais imaginé ce texte à partir d'un lieu savoyard; voici démontrée l'existence d'une internationale montagnarde tout ce qu'il y a de plus naturelle..!

En même temps, deux poèmes paraîtront dans les revues Poésie Première et 17 secondes.

plateau enneigé, nouvelle, moebius

08.04.2014

Braquage silence (nouvelle) dans l'Harfang du printemps (n°44)

La revue Harfang, chouette nom, publie ces jours-ci braquage silence dans ses pages. Cette nouvelle se joue sur le fil, entre absurdité et normalité, tension et sérénité.Pas encore eu le temps, terrible temps, de lire ce numéro de la revue, mais ça ne saurait (terriblement) tarder. Merci Harfang!

 

"Sa veste rouge lui descend jusqu’aux genoux, rigide. Quelques centimètres de plus que la moyenne, les yeux au-dessus de la ligne de flottaison de la foule, un peu viking, l’allure lente. Il laisse passer les chiens, les chats, les cadres, les personnes âgées, les pigeons, les boulangères, les plombiers, les amoureux. Le buste altier, les mains déroulées en permanence à distance du corps. Difficile de deviner où il va, où il s’arrêtera. Son regard décidé, sa carrure de bulldozer, et des pas qui s'inclinent devant tout obstacle, paraissent les contourner, infléchis irrémédiablement.

À la banque. Tout simplement : il va à la banque."

04.11.2013

Noir & Blanc, publiée dans rue Saint Ambroise

Noir & Blanc est un récit court, inspiré de travaux scientifiques sur la perception visuelle de la vitesse dont j'ai eu connaissance grâce à la formidable émission de Jean Claude Ameisen sur France Inter. La collision avec certains sujets d'actualités a fait le reste: le sport, l'intégration.

Noir & Blanc a été publiée dans le numéro de Novembre (n°32) de la revue Rue Saint Ambroise. La soirée de lancement a eu lieu le 22 novembre au Motif à Paris (voir photos sur le site de la revue).

24.09.2013

Ils s'accrochent

Ils s'accrochent, s'écartèlent sans autre dilemme que la couleur dans un exercice orthoptique.

Il semble que...

La force du jour vient à bout de la pierre noire, qui vient à bout du jour en le finissant.

La force de la pierre retient ses bouts de désert du soir, qui dans l'abat-jour ne dit mot consent.

L'écorce amère de la pierre et du jour hésite sur le sens des tiroirs, là où l'on range les chaussettes en coton blanc.

 

DSCF1167.JPG

11.03.2013

Retour à la maison [nouvelle]

couve_72.jpgRetour à la maison est le nom de la nouvelle publiée dans le numéro 22 de la revue Borborygmes. Un homme rentre chez lui après une journée de travail. Quelques changements dans son univers l'attendent à l'arrivée, d'autant plus perturbants qu'ils prennent place comme si de rien n'était.

Ce court récit parle des structures, des points de repère, et de notre attachement général à tout cela. Elle est plutôt drôle. Merci à Borborygmes de l'avoir choisie.

A noter que les numéros de Borborygmes sont normalement suivis, c'est à dire que les anciens numéros sont toujours commandables auprès de la revue, ou bien par le service en ligne Scopalto.

Voici le début de Retour à la maison.

 

Bourrasques de vent froid; il traverse le pont, blotti dans son antique manteau, la doublure si élimée que c’est plus l’épaisseur des souvenirs qui lui tient chaud.
Après le pont il y aura le passage piéton, à une minute l’angle de la pizzéria où il marquera une pause car il adore l’odeur, puis deux minutes et il longera l’église désaffectée Saint-Machin, il oublie toujours son nom; il y jettera un coup d’oeil inquiet, itou trois minutes plus tard devant l’ancienne usine de peinture; ensuite il y aura la maison aux chiens qui lui aboient toujours dessus, il leur tire la langue systématiquement. Si un jour la barrière lâche ils vont se précipiter et par vengeance longuement ruminée le déchiqueter en autant de lambeaux que de jours passés. Il frissonne.

 

 

08.01.2013

Sur le "consensus de la passivité"

J'ai entendu avec beaucoup de plaisir et d'intérêt l'émission de FRANCE INTER 3D de dimanche 6/1/13, animée par Stéphane Paoli ; et notamment, mon oreille s'est dressée à l'évocation d'un sujet qui me tient à cœur, décrit sous le terme de « consensus de la passivité ». Effectivement, nous vivons une époque étonnante: des scientifiques et des penseurs analysent, dénoncent des faits et des mouvements rampants ; ils font entendre autant qu'il leur est possible leurs risques effrayants. Politologie, psychanalyse, biologie, sociologie, anthropologie, ethnologie... la compréhension « des choses » n'a peut-être jamais été aussi alerte, multiple, extensive; elle n'amène pourtant que de ténus passages à l'acte pour « changer ».

En tant qu'auteur je me dis : Et la littérature dans tout cela?

Il semble que chacun des domaines précités « possède » sa littérature spécifique, mais existe t-il une littérature qui pense, exprime, potentialise le passage à l'acte (pas au sens criminel !), en transversalité de cette pensée scientifique accumulée chaque jour?

Je pense à Edgar Morin, ce grand penseur du décloisonnement (et de la foi en l'humanité... à long terme): je retiens notamment qu'à ses yeux la littérature est cette discipline de la recherche absolue, du cœur aux frontières de l'humain et du non-humain, du décloisonnement. Je me souviens aussi de cette notion lue chez le philosophe Austin, cette notion fantastique et libératrice: quand dire c'est faire (alors que pensée et action sont trop souvent opposés). La question de la littérature dans tout ça n'est pas gratuite.

Alors, existe t-elle, cette littérature du « passage à l'acte positif »?

Ce n'est pas si "évident". C'est une littérature de marge quand elle existe, alors que la "littérature de dénonciation" foisonne, et la "littérature de héros" (ceux que tout le monde attend pour agir) demeure également prolifique, sous de nombreuses formes.

Se peut-il que l'analyse de François Jullien sur la difficulté européenne à penser ce qu'il nomme les transformations silencieuses s'applique également ici ? Le passage à l'acte est bien une « transformation silencieuse » telle qu'il la définit : c'est à dire un mouvement imperceptible à l'œil nu, et qui fait qu'un jour un acte est posé. La pensée européenne aurait selon F. Jullien une propension à penser l'état, la nature, l'acte, mais plus difficilement ce qui peut amener à les modifier d'un jour à l'autre. Ainsi, un jour une révolution se produit, et on sait écrire sur le sujet, indéfiniment. Mais quelles énergies, sentiments et inflexions intérieures, pensées hybridées et récits imbriqués, mènent à une évolution, en réponse à des enjeux?

Déni de la puissance des récits non pour mouvoir au-delà d'émouvoir?

Notamment, quelqu'un a t-il décidé quelque part (je ne le crois pas) que le seul champ valable pour le récit sur les thèmes du politique sont ceux que portent les hommes politiques eux-mêmes (ou les héros de roman qui empruntent leur costume) avec l'emploi sous-jacent, largement inavoué, du storytelling?

Storytelling, le grand mot est posé: il valide de fait la puissance des récits du passage à l'acte ; mais il monopolise les utopies (et les ronge), s'approprie (comme et quand il l'entend) la matière scientifique, et occupe l'espace vide (là où la littérature devrait être combative). Le succès d' Indignez-vous / Engagez-vous pointe à mon sens ce manque: c'est sans doute la justesse, la pertinence et la simplicité du propos qui ont séduit, mais c'est aussi le passé de l'auteur, ce récit en filigrane, qui donne du poids au manifeste. Et après ? Quelle correspondance en littérature ?

Je crois qu'il manque presque un genre, un centrage littéraire, sur une écriture de l'individu et de son « maintenant », en positif, au-delà des (auto)biographies et des hagiographies. Une littérature qui explore les possibles à partir de l'individu et de ce qu'il peut agir. En tant qu'auteur moi-même, c'est le domaine que je me suis assigné (ce thème du consensus de la passivité était même directement le sujet de ma première nouvelle publiée, conforts ultimes). Je ne dis pas que je n'ai jamais vu de tels développements chez d'autres auteurs (je suis preneur de toute suggestion !) ; mais je l'ai rarement observé avec cette focale manifeste, intentionnelle, assumée, dans le flux des nouveautés littéraires.

Et j'ai le sentiment que tout cela, ce n'est pas « assez ». Il y a un enjeu médiatique à faire émerger une littérature de l'engagement et de l'acte, une littérature qui non seulement n'oublie pas le mouvement intérieur mais cherche justement à le cerner, avec la cohérence et les moteurs de chaque individu. Cette « littérature qui manque », et je mesure le côté péremptoire d'une telle affirmation qui relève davantage de l'intuition profonde que j'ai cherché à « penser », est à mon sens une des causes premières (ou l'une des causes les plus lourdement aggravantes) de ce « consensus de la passivité » : cette sorte d'acception continue de ce qui se déroule, malgré la puissance (jusqu'à, parfois, l'épuisement) de toutes les analyses.